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Fan Fiction :: Ying Yang

MessagePublié: Mar Avr 24, 2012 10:25 am
par Candisse
[Certains ont déjà lu cette histoire il y a quelques années de cela. Ce n'est pas l'histoire "officielle" de Candisse, mais une simple fan fiction (même si il y a quelques similitudes), que j'ai commencé à réécrire dans un style un peu plus amélioré =P. Donc la suite viendra progressivement ^^. Bonne lecture !]

Des bois, des marchands ambulants et des étranges rites ; Voici trois mots qui résumaient à peu près l’ambiance de Yong Wei, une petite contrée éloignée de toute grande civilisation active et bruyante. Notre protagoniste, une jeune femme de quinze ans qui avait depuis peu emménagé ici, découvrait en même temps que nous ce monde hors du commun, avec, il fallait l’admettre, une certaine difficulté à y trouver ses repères. Ses premiers pas du côté de la sociabilité furent quelque peu catastrophiques ; elle avait beau avoir appris le langage de Yong Wei, le patois et l’accent local lui compliquaient relativement la tâche. Et comme si cela ne suffisait pas, les rituels tout à fait banals ici étaient pour elle une étrangeté venue tout droit d’une autre planète… Mais il y avait plus intriguant encore : on lui avait un peu parlé des légendes de la contrée, d’Hak Long et Pak Long, de la guerre qui les opposaient et des bestioles-esprits qui luttaient pour leur cause… Légendes ? C’est avec surprise que la jeune femme découvrit, à son arrivée, qu’elles étaient bel et bien réelles, tombant nez à nez avec l’un de ces fameux guerriers, communément appelés « Moshu ».

Et si finalement la guerre entre les deux Dragons n’était pas qu’une simple légende ?...
C’est ainsi que commença l’aventure de Candisse Aderyn, jeune femme destinée à un destin plus intrépide qu’elle ne le croyait…



Chapitre 1 : Bienvenue à Yong Wei
En réalité, Candisse n’habitait pas dans le village principal de Yong Wei. La contrée rassemblait plusieurs petits bourgs, souvent séparés par des chemins boisés. En soi, le paysage était agréable à voir et même à ressentir ; mais la jeune femme avait mal choisi son jour pour sortir, le ciel se faisant menaçant et les arbres grinçant sous la pression du vent. La nouvelle habitante pressa donc le pas : elle savait pertinemment qu’il ne lui arriverait rien, mais malgré cela, elle ne parvenait pas à faire disparaître ce sentiment d’insécurité. Après tout, elle venait d’arriver, il était tout à fait normal qu’elle ne se sente pas encore à l’aise… Passer d’une grande ville peuplée à une contrée dite paisible, c’était un grand changement, d’autant plus qu’elle était venue seule.

Candisse atteignit enfin l’entrée du village avec un petit soupir de soulagement, qu’elle eut vite fait de faire cesser.
« De toute façon, je devrais bien le retraverser, ce bois… » songea-t-elle en grimaçant. Elle leva enfin les yeux sur les différents commerces du chemin principal, progressant à travers l’endroit qui semblait endormi, et finit par trouver la fameuse bibliothèque de Yuji Hakagio, homme dont la renommée était apparemment importante dans le coin. La jeune brune prit une grande inspiration avant de pousser la porte de la vieille bâtisse. Une petite sonnette signala son entrée, mais ce n’était pas nécessaire : le vieux Yuji était déjà derrière le comptoir, l’accueillant avec un sourire chaleureux. Candisse pénétra dans la salle d’un pas incertain, le salua, et, ne trouvant pas ses mots, laissa l’homme engager la discussion :
« Aaaah, vous devez être Candisse, n’est-ce pas ? lui demanda-t-il, s’avançant vers elle.
- C’est bien moi, oui… répondit-elle en replaçant ses mèches rebelles derrière une oreille, légèrement intimidée.
- Mais, nous sommes samedi, aujourd’hui… Vous ne commencez votre travail que…
- Je ne venais pas pour ça, à vrai dire. »
Yuji sembla s’étonner. Pourtant, il savait très bien la raison pour laquelle elle venait, dès la seconde-même où elle était rentrée dans la bibliothèque.
« Je voulais juste quelques renseignements sur ces bêtes… Les Moshu.
- Aaaah, les Moshu… répéta le vieil homme avec un léger rire, marchant en direction d’un rayon, vous avez pour projet d’en adopter un ?
- Non, non ! C’est juste que ça m’intrigue… expliqua Candisse en suivant son interlocuteur, mes voisins en possède un, et… Enfin, je pensais qu’il s’agissait seulement d’une légende.
- Tu as tant de choses à découvrir, jeune fille. »
Yuji s’empara de deux gros bouquins poussiéreux qui gisaient sur les rayons du dessus et se retourna vers Candisse en souriant, avant de les lui tendre : au moins, elle aurait de la lecture pour les mois à venir.

Ils restèrent un moment à discuter de choses et d’autres, notamment au sujet du poste que bibliothécaire qu’allait tenir la jeune femme dès lundi matin. Les paroles de Yuji la rassurèrent, et elle se sentit un peu moins perdue, peut-être même un peu moins seule : en réalité, c’était la première discussion qu’elle tenait avec quelqu’un depuis son arrivée à Yong Wei.

Le Soleil commençait à embrasser l’horizon lorsque Candisse jugea qu’il était temps de rentrer. Avant de sortir de la bibliothèque, elle remercia le vieil homme pour tous les renseignements qu’il lui avait donnés et pour le prêt des livres. Alors qu’elle était sur le point de franchir le seuil, la voix du bibliothécaire s’éleva de nouveau dans son dos :
« Candisse, sache que même si Yong Wei semble paisible, il faudra te méfier. Il existe bel et bien des clans… Dans ton cas, il ne devrait rien t’arriver, mais… Sait-on jamais. Tu te trouves tout de même dans la zone protégée par Pak Long, ce qui signifie que tu appartiens indirectement au clan du Dragon Blanc. Alors, si quelqu’un te semble étrange, ne cherche pas quelconque explication et vas-t-en. Les disciples d’Hak Long n’hésiteront pas à tuer un innocent pour faire entendre leur parole… »

Sur le chemin du retour, Candisse ne fit vraiment pas attention à ce qui l’entourait ; elle regardait droit devant elle, plongée dans ses pensées, ressassant les paroles que Yuji avait prononcées il y avait une vingtaine de minutes seulement.
« Ton cœur est bon, je le sens. Tu ferais une bonne disciple aux côtés des Blancs… Qui sait, peut-être que ta chance tournera un jour, et que tu pourras élever ton propre Moshu. »
Et étrangement, elle sourit, cette phrase faisant naître en elle des rêves épiques. Ailleurs, elle ne fit d’ailleurs pas attention à la présence qui la suivait, et atteignit son village en moins de temps qu’elle ne l’aurait cru. Victorieuse, elle finit par se retourner vers le bois en riant : « Désormais, tu ne me feras plus peur ! »

Elle passa la soirée à lire, fouiller, tourner et retourner les pages des ouvrages qu’elle avait empruntés à la bibliothèque. Ils étaient si complets, si intéressants qu’elle ne fit même pas attention à l’heure qui défilait… Ce fut la fatigue qui l’obligea à abandonner sa lecture, rendant ses paupières lourdes et sa vision brumeuse, et n’ayant pas le courage de monter jusqu’à sa chambre au premier étage, elle fit de son canapé un lit improvisé. Elle se laissa mollement tomber dedans en poussant un long soupir, les yeux déjà fermés dans sa chute, et s’endormit dans les minutes suivantes, épuisée.

Son sommeil fut vite troublé cependant, un bruit strident parvenant jusqu’aux oreilles de Candisse. Rassemblant son courage et sa volonté, elle s’efforça de se lever pour aller voir d’où venait ce fracas, ne réalisant pas sur le coup qu’une lumière dans la cuisine était allumée. Ce ne fut qu’au bout de quelques instants qu’elle tressaillit et que la poussée d’adrénaline la sortit de son état semi-comateux. Elle s’empara de la première arme qui lui tomba sous la main – à savoir un chausson – et s’approcha sans bruit et avec une grande méfiance de la pièce d’où venait le halo.
Elle regarda partout autour d’elle, cherchant un quelconque indice qui lui permettrait de savoir qui osait fouiller son frigo, et vit la grande silhouette qui se reflétait sur le mur en face… Quelque chose de rond ?...

L’intrus referma alors la porte du réfrigérateur, et Candisse ne sut pas si elle devait fuir ou rire. Il y avait un dicton qui disait que « les petites bêtes ne mangeaient pas les grosses », mais ici, il fallait partir du principe que tout était possible. Alors, elle se contenta de garder une distance de sécurité suffisante et de toiser la bestiole qui en faisait de même : une petite boule de poils munie de minuscules pattes, de grands yeux couleur azur et un petit nez de chat : qu’est-ce que cette chose pouvait bien lui faire ? Elle semblait tout à fait inoffensive… Et mis à part le signe étrange sur son front, rien chez elle ne semblait cacher quelque chose de mauvais.

« Mais qu’est-ce que… » Candisse ne finit pas sa phrase, hébétée et elle recula sous la surprise, manquant de buter contre le mur. La créature, quant à elle, continuait de la fixer, penchant la tête tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. Elle semblait si jeune… Dans des petits bonds, elle approcha de la jeune femme qui avait cessé de reculer, se disant que c’était stupide de réagir ainsi.
« J’ai faim… Mais je mange pas les humains. »
Candisse regarda longuement le petit être en réfléchissant dans un premier temps, puis prononça d’une petite voix :
« Tu voudrais manger quoi ?...
- Des pousses.
- Des pousses… »
Elle en avait sûrement dans son jardin, de ces choses-là : on en trouvait un peu partout dans Yong Wei, même dans les commerces… Certains l’utilisaient comme épice dans leurs plats, mais visiblement, elles ne servaient pas qu’à cela. Elle ouvrit la porte-fenêtre qui menait au jardin, sortit pieds-nus, le froid lui provoquant des crampes et s’empressa d’arracher quelques unes de ces plantes. Lorsqu’elle rentra avec celles-ci, la créature sautilla sur place.

« Tu devais mourir de faim… » pensa Candisse en s’accroupissant près d’elle pour poser les herbes juste devant, avant de se relever pour retourner dans le salon. A bout de force, et trop fatiguée pour penser à quoi que ce soit, elle s’écroula sur le canapé et s’endormit presque aussitôt. Un peu plus tard, son invité inattendu vint la rejoindre, se blottissant alors contre elle.